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Laurent Contamin
auteur, metteur en scène, comédien
Cinq spectacles contés à jouer partout
En pure Perte, Juby, Le jeune Homme Paul, En attendant Dersou  et Signé Kiko  en tournée "à la carte" (musées, théâtres, bibliothèques, établissements scolaires, à domicile...)
Prenez date ! (onglet cont@ct, en haut à droite). + d'infos sur la page FB Une trilogie européenne. Prochaines dates : Somme, Oise, Sarthe, Haute-Vienne
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Spectacles en diffusion
Disponibles en tournée :
- Le Jardin,  théâtre musical jeune public, Cie Cela Dit, mise en scène Laure Gouget / marionnettes et origami, Cie La Roble à l'envers, mise en scène Eléna Bosco / intervention en classe - Signé Kiko - par Laurent Contamin, Cie Fond de Scène
- Léon l'Enfant Noël, spectacle jeune public, Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
- Nicolette et Aucassin, spectacle de rue, marionnettes et musique, tout public, Cie L'Atelier mobile, mise en scène Joanna Bassi
- La petite Marchande d'Histoires vraies, spectacle jeune public, Cie L'Echappée, mise en scène Didier Perrier
- Tant que nos coeurs flamboient, ados-adultes, Cie du Souffle 14, mise en scène Laurent Contamin
- Fasse le ciel que nous devenions des Enfants, ados-adultes, Cie Demain on déménage, mise en scène Delphine Lalizout / Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
- Juby, ados-adultes, Cie Fond de Scène
- En attendant Dersou, ados adultes, Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
- Un Verger pour Mémoire, ados-adultes, Cie des Rives de l'Ill, mise en scène Thomas Ress
- Le jeune Homme Paul, ados-adultes, Cie du Souffle 14, mise en scène Lorena Felei
- En pure Perte, ados adultes, Cie Fond de Scène
... et en création : Cantique aquatique, Le Parfum d'Edmond, Les Murmures de Haute-Claire
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Tant que nos coeurs flamboient
.../... "Quand ils sont venus, avec leurs matraques et leurs chiens, Maman n’était pas là. J’étais petite mais je me rappelle leur odeur. Une odeur que je ne connaissais pas non plus, pas plus que je ne connaissais la peur, avant tout ça. Une odeur que la vie plus tard a parfois fait ressurgir : ce n’était ni l’odeur du cuir de leur blouson, ni celle de la sueur, ni celle du métal, de la poudre, des chiens, de leur haleine ou de leur crasse, ni l’addition de toutes ces odeurs, mais une odeur qui les englobait toutes, les dépassait : l’odeur de la haine. Ils sont repartis bredouille, je suis restée sous la table, à jouer avec les marionnettes de papier mâché qu’Amanda me fabriquait.
 
La nuit, elle est venue me chercher en catimini, Amanda. Et au petit matin elle est allée à la prison de Rancagua, elle a demandé à voir son mari – oui, c’est comme ça qu’elle l’a appelé, même s’ils ne vivaient plus ensemble : mi marido. Mi marido Manuel. Elle a intercédé pour lui auprès du directeur de la prison centrale, qui se trouvait être un ancien collègue de mon père et qui l’appréciait, parce que mon père l’avait défendu, un jour, dans son travail. « C’est un type bien », il a dit à ma mère. Et il lui a tendu un laissez-passer pour nous trois, valable 24 heures. En tant que fonctionnaire de la justice, il avait le droit de distribuer quelques-uns de ces précieux sésames. On avait 24 heures pour quitter le pays – le type bien, son ex-femme et moi. La plupart des ambassades étaient saturées, il restait l’ambassade de France. Ma mère a demandé à mon père d’aller chercher dans la grande maison bourgeoise quelques affaires qu’elle ne pouvait se résoudre à abandonner – « et le plus important, elle a ajouté, mi biombo – mon paravent » – celui-là, donc. On y revient.
 
Elle fabrique un avion en papier avec le laissez-passer.
 
Moi, j’aurais voulu qu’il me rapporte ma tortue, la grande tortue de terre qui dormait entre les racines du flamboyant, si grande que je m’accroupissais dessus, et que la tortue me promenait dans le jardin… Mais c’était compliqué, de trouver la tortue, de lui faire prendre l’avion… Les robes et les bijoux de Madame, faut-il s’en étonner, avaient disparu, la nounou semblait surprise et gênée de voir débarquer Manuel à l’improviste. Quelques secondes, peut-être, la peur a changé de camp. Oh, quelques secondes à peine..." .../...
 
Tant que nos coeurs flamboient, Ed. Christophe Chomant
 
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